MAX NEUMANN / Des dessins
Une nouvelle sélection de dessins proposée par Denis Fizelier,
l’un des fondateurs du collectif / fonds L’ART EST VIVANT
STAND A8
Une nouvelle sélection de dessins proposée par Denis Fizelier,
l’un des fondateurs du collectif / fonds L’ART EST VIVANT
STAND A8
Max Neumann est né en 1949 à Sarrebruck. Il vit et travaille à Berlin. Représenté par de nombreuses galeries internationales, il est également exposé très régulièrement dans des musées et centres d’art, et est également dans de nombreuses fondations et collections privées.
« Max Neumann, contrairement à ses contemporains allemands, échappe à l’Histoire. Tout ce qui se passe dans ses compositions se réduit aux dimensions d’un être qui n’est nulle part, insituable et insitué, au-delà et en deçà de l’Histoire. Neumann est né dans ce milieu du XXème siècle où l’homme est désormais sans illusion sur la brute qui dormait en lui. (…) Il est de cette génération qui se sent « venue trop tard dans un monde trop vieux » car la société d’abondance enferme chacun dans la solitude. Et la foule solitaire est une myriade de petits ghettos intérieurs, où chacun, étranger à lui-même et aux autres, est en quête de son identité. Alors voici que surgit le double JE de Max Neumann. Assiégé du dehors et menacé du dedans, l’homme sans visage a peur de lui-même autant que du monde. S’il se barricade, c’est avec son double, petit homme effrayé, éperdu, impuissant qui se retrouve seul au cœur d’un monde où personne ne le reflète, où tout le désavoue et le repousse, l’enferme dans la prison de sa solitude. (…) Dans l’œuvre de Neumann, ce qui nous parle ce n’est pas un certain Max Neumann, né à Sarrebruck, mais une voix qui est d’une certaine manière la Voix de tous, la Voix de l’homme, de tous les hommes. Pouvoir peindre l’homme et son double, n’importe quel homme en n’importe quel pays, dans le nulle part de l’existence souffrante, telle est la grandeur de cette œuvre. »
Jean-Marie Tasset
Quelle obscurité serait assez épaisse pour vous faire paraître moins obscur qu’elle ? *
« Max Neumann définit ses créations comme des paysages mentaux et non des portraits. Il les offre comme autant d’énigmes, d’univers intérieurs insondables et de présences non incarnées, sans aspérité et sans le moindre souffle.
« Ce ne sont que des silhouettes. Elles sont asexuées, elles n’ont pas de caractéristiques particulières. Ce sont des spectres, des ombres », explique Max Neumann. « Ce qui est très important pour moi, c’est l’intensité, la présence. »
Qu’elle soit disloquée ou amputée par une attente interminable et la solitude pour seule perspective, absorbée voire confondue par d’improbables ustensiles, cernée de motifs issus d’un bestiaire aussi commun qu’inquiétant, ou même défigurée à coups de traits noirs acérés et de subtils et rares éclats de couleurs, comme autant de jaillissements vains, cette présence est pour moi rassurante, jamais angoissante, même s’il se présente sous un jour sombre, à peine perceptible. Si le noir est au cœur de son univers, Max Neumann sait en apprivoiser les moindres palpitations et son incroyable intensité pour les transformer en autant de subtilités, tour à tour, reposantes ou intrigantes, rassurantes et poétiques, ludiques aussi. Ce qui est à l’œuvre dans le processus créatif de Max Neumann est me semble-t-il sa recherche incessante pour chacune de ses créations, du comment parvenir à ses fins. Fins dont il ignore tout, jusqu’à l’instant où tout apparaît de façon évidente, ou plus justement, transparaît. »
Denis Fizelier, mars 2016
Nos sincères remerciements vont à : Max et Sonja Neumann, Nathalie Bertoux,
Bernard Vidal, Thomas Popesco, Eve de Medeiros.
Collectif / fonds L’ART EST VIVANT et les éditions ARTEFIZ
Tél. : 06 74 95 79 35 / Email : [email protected]