Le Corner Illustrateurs
AGATHE TOMAN
Le travail d’Agathe Toman s’inscrit dans une démarche artistique personnelle où converge tout ce qu’elle ressent. Il reflète un état émotionnel dans lequel interviennent les personnes qui l’entourent, son histoire et son quotidien. Lorsqu’elle travaille de manière précise et détaillée, elle s’isole afin d’écouter ce qu’il se passe en elle, afin de réactiver des ressentis longtemps enfouis ou simplement pour comprendre les sensations du présent et les faire resurgir sous forme de créations artistiques. La musique, la poésie et la littérature l’accompagnent continuellement au quotidien. Ces dernières sont nécessaires à ce basculement vers ce qu’elle nomme elle-même l’« hypnose ». L’écriture est également un travail qu’Agathe pratique en parallèle et de manière complémentaire au dessin, sous la forme de vers ou de phrases courtes isolées. Au fil de son évolution artistique, la lune est devenue une sorte de projection non figurative d’elle-même. Elle est omniprésente et récurrente au sein de tous ses projets, et est devenue visuellement une part essentielle de son identité artistique. La lune permet à Agathe Toman de se placer au sein de ses dessins. Chacun d’eux exprime et libère un sentiment, un ressenti qu’elle a vécu ou bien qu’elle est en train de vivre, qui a changé et marqué son être d’une manière ou d’une autre. L’imaginaire et la fiction fusionnent avec le réel, lui permettant de partager avec le spectateur une part de son être tout en ne donnant que peu d’indices. Agathe amène le spectateur à se confronter à ses propres émotions, son inconscient profond et ses désirs inavoués.
Agathe Toman, 28 ans, est une artiste française autodidacte. Elle vit entre Biarritz et Paris.
Elle utilise principalement le stylo Bic noir sur papier pour les illustrations mais aussi l’acrylique sur toile. Elle travaille sur d’autres supports tels que les skateboards, les planches de surf ainsi qu’en très grands formats sur des murs.
Son travail de dessin au stylo est illustratif, sans être figuratif, empreint de rêve, de poésie, se mêlant au réel. Sa peinture sur toile est seulement abstraite. Le tout lui permet aujourd’hui de s’exprimer pleinement. Le noir et blanc reste cependant un des fils conducteurs de son travail artistique et certainement le plus évident.
À la suite de plusieurs expositions en solo et en collaboration entre Saint-Jean-de-Luz et Bordeaux, elle expose en 2018 à Paris, sur le salon DDESSINPARIS ainsi qu’en avril dans une galerie.
PIERRE DE BONNEUIL
LES ŒUVRES
« Les œuvres seront toutes confondues. Le miroir se brisant sur les interprétations. Il y aura certes des traits errants mais aussi quelques crépuscules … Ainsi la cloche sonne et couvre de son harmonique chapeau les troublantes fascinations … Des pantomimes font-ils aussi une apparition? Délicatesse, pas feutrés et candeur saturnienne … Le dédale est semé d’insaisissables formes circulaires et de points exposés méticuleusement. Le rythme s’échappe aux travers de lignes tapageuses. S’il y a un impact, c’est décidément une pulsation sertie de mouvements brusques. Ainsi l’Art ne peut plus concourir aux méfaits de la vie. Cependant, il peut combler la réalité par des illusions picturales bercées d’abstractions. »
L’ARTISTE
Réfractaire, Pierre de Bonneuil n’exclut en aucun cas son siècle. Autodidacte, il accorde énormément d’importances au fond réel de ses exécutions. Les Editions Le Chat Rouge ont fait de lui l’illustrateur des bonnes histoires qui sentent la peur et l’énigme. En 2017, il se permet d’orner les Contes d’Edgar Poe et d’honorer, dans une anthologie étonnante, Les Décadents. Auteur de plusieurs articles consacrés au Dandysme dans la presse, compositeur par d’exquis moments, il n’en reste pas moins un intrigant.
POPY-LOLY DE MONTEYSSON
Pour sa deuxième participation au salon DDESSINPARIS, Popy Loly de Monteysson déploie un carnet de voyage sur un mur de 3,50 m qui interroge ses souvenirs et revisite les portraits d’enfants des pays traversés. Elle propose ainsi un voyage intérieur autant que géographique. Une série de dessins de différents formats constitue une véritable cartographie de la mémoire qui s’installe dans une conversation entre les paroles retranscrites, l’usage de carnet de note et la mémoire fantasmée au travers de récits, photos de famille, recherches personnelles ; qui impulse une dynamique visuelle toujours en mouvement.
La technique employée, quant à elle, est la plupart du temps mixte, mélange subtil d’encres au tampon et de stylo bille, quise détache du pur bleu pour explorer d’autres tonalités. On découvre, lorsque l’on se rapproche des œuvres, un rythme entre le dessin formel et un monde subjectif qui l’entoure, de façon nébuleuse et tachiste. Évoquant les tests de Rorschach, les formes s’imposent à elles-mêmes, le visage semble préconçu, composé de petits traits de manière réaliste, comme une photo effacée. Sur certains portraits, on devine des sortes de racines d’arbres, de terre, un monde organique végétal plongeant dans le minéral, soulignant ici la fameuse quête de racine de l’artiste.
Le périple qui a jalonné son enfance sillonne l’Éthiopie, Bali, Java, les tribus indiennes d’Amérique et de Côte d’Ivoire, un Congo maintes fois relaté plus que visité, l’Algérie, l’Afrique du sud, l’Ukraine (les femmes à couronnes), le Maroc, la Tunisie, et d’autres encore…
Un retour dans un inconscient primitif rendant hommage à la figure de l’enfant dans sa dimension tant universelle que personnelle, s’offre alors au regard. Sa représentation s’orne de façon ludique et toujours poétique. Certains dessins suggèrent en filigrane « les enfants de la guerre » dans un mélange de déguisement et d’instrumentalisation, d’autres possèdent des textes en langue du pays qui sont de célèbres comptines enfantines.
Au-delà de la parure, suintent les questionnements qui émergent des profondeurs de la psyché, et la lutte pour maintenir intacte la magie derrière l’enfant blessé.
DAVID SCRIMA
David Scrima est né en 1971 et travaille à Paris. Après des études de design graphique à l’École Supérieure d’Arts Appliqués Estienne, il devient illustrateur pour la presse et pour l’édition. Un trait nerveux et dynamique, des lettrages rappelant le Street-Art, des couleurs chatoyantes, les images de David Scrima sont autant influencées par des dessinateurs de bandes dessinées tels Jack Kirby, Gene Colan, Marcel Gotlib ou André Franquin, que des artistes peintres comme Lucian Freud, Edouard Manet ou Peter Blake. David Scrima est d’ailleurs aussi l’auteur d’une bande dessinée à quatre mains intitulée Super-Héros, réalisée avec le chanteur Cleet Boris (alias Hubert Mounier) du groupe l’Affaire Louis Trio.








