• TUDI DELIGNE

    Sans titre 6.8, 2013
    Crayon noir sur papier
    100 x 58 cm
    Courtesy de l’artiste et Galerie Mariska Hammoudi

  • TUDI DELIGNE

    Sans titre 6.7, 2012
    Crayon noir sur papier
    65 x 63 cm
    Courtesy de l’artiste et Galerie Mariska Hammoudi

  • TUDI DELIGNE

    Sans titre 6.4, 2011
    Crayon noir sur papier
    65 x 42 cm
    Courtesy de l’artiste et Galerie Mariska Hammoudi

TUDI DELIGNE

LAURÉAT DU PRIX DDESSIN (14) / INSTITUT FRANÇAIS DE TANGER

Le Prix DDessin (14) / Institut français de Tanger a été attribué à l’artiste français Tudi Deligne représenté par la Galerie Mariska Hammoudi (Paris). Ce prix offre à l’artiste l’opportunité de partir un mois en résidence à la Galerie Delacroix de Tanger en début d’année 2015.

Diplômé de l’Ecole supérieure des arts décoratifs de Strasbourg en 2009, Tudi Deligne a notamment participé à Jeune Création, exposition internationale d’art contemporain au CENTQUATRE ainsi qu’au 55ème Salon de Montrouge, en 2010. En 2012, il a remporté le Swiss Art Awards à Bâle. Ses dessins seront présentés au Frankfurter Kunstverein à Francfort du 1er mai au 6 juillet prochains dans le cadre de l’exposition collective Death is your body.

“Les dessins de Tudi Deligne ne renient pas l’influence des travaux de Öyvind Fahlström eux aussi ancrés dans la bande dessinée. Il est également impressionné par « la capacité de Philip Guston à donner forme au chaos », il cherche comme lui le « type de frisson, de tremblement du c’est moi ? J’ai fait ça ? » Après une série
 de dessins de grand format, dont la forme ronde rappelle effectivement le mandala, qui puisent, en le déstructurant, dans l’univers de la littérature graphique, il est passé à un travail photographique. « Des instantanés », des images de l’instant (…). Tudi Deligne dessine, après une analyse poussée, ce que Francis Bacon entendait par « le cri plutôt que l’horreur ». Ces images tirent leur assurance du rapport qu’elles entretiennent avec elles-mêmes : elles échappent au contrôle de la conscience qui les produit, et en même temps elles enferment celle-ci dans l’irrésistible processus de création des images (…).”

J. Emil Sennewald, critique d’art
Extrait de “Forme inconsciente” dans le catalogue du 55ème Salon de Montrouge, 2010
Traduction : Catherine Laubier

tudi-deligne“Depuis quelques années, je développe des processus de travail qui voient se déstructurer les langages graphiques, notamment celui de la photographie, dans le but de créer des images glissantes, à la fois concrètes et indéterminées, orphelines, mais dotées d’une vie et d’une logique propre. Cette logique interne du travail que je recherche nécessite que la volonté et la conscience de l’artiste se dilue dans un objet prenant alors son indépendance. C’est pourquoi la pratique se développe «en dialogue» avec des images préparées, comme pour empêcher d’être livré à ma volonté trop libre. Après avoir travaillé sur la bande dessinée franco-belge (série des Disques) sous l’influence des œuvres d’Öyvind Fahlström, je me suis penché sur la photographie, le photoréalisme, pour la raison qu’il est aujourd’hui le langage pictural détenant le plus grand des pouvoirs de manipulation et de soumission par la fascination. La photographie est un esperanto absolu, un langage universel. Aujourd’hui tout un chacun sait «lire» une photographie, sans toutefois forcément savoir la «comprendre». C’est sur ces aptitudes supposées du spectateur que se développe mon travail. Je travail à partir de photos trouvées dont je m’emploie à déconstruire, à performer la structure figurative. La travailler jusqu’à ce qu’elle devienne autre. Les spécificités du medium constituant la palette de mes outils : piqué et détail des matières, flou, profondeur de champ, etc… Tout comme les spécificités plastiques d’une photo des années 40 ou d’une affiche de cinéma contemporaine sert de base au développement formel du dessin, il s’agit d’amener la lisibilité à un point de tension et faire entrer l’image en conflit avec le spectateur. La déstructuration, l’image au sein de l’image, sont parmi les moyens de nourrir ce conflit, jusqu’à poser le spectateur face à ce dilemme : abandonner face à ce qui échappe, ou nommer ce qu’il voit de sa propre autorité. Ce en quoi il devient l’auteur de son regard. Ce regard rompu à la syntaxe photographique par les productions de la société du spectacle. L’image n’est plus à comprendre, ni même à ressentir, elle est toute à créer. Il est vain de chercher un «sujet» dans le contenu direct des dessins. Au contraire. C’est tenter de faire se confronter le spectateur à un travail de sape. Et donc de mettre en valeur sa qualité réelle : celle de s’approprier une image devenue hermétique. Celle de l’ouvrir, d’y créer ce qu’elle n’est que potentiellement, et s’il dépasse la frustration face à l’image qui ne s’offre pas dans la communication.”

Tudi Deligne