YOON JI-EUN

LAURÉATE DU PRIX DDESSIN {19}

Le jury indépendant du 7e prix DDESSINPARIS, présidé par Ronan Grossiat, consultant en management et collectionneur ; et constitué de Giulia Andreani, artiste peintre ; Boris Bergman, écrivain ; Chris Cyrille, journaliste et curator ; Yvon Lambert, collectionneur, éditeur et ancien galeriste ; Magali Lesauvage, journaliste et critique d’art ; Marie-Ange Moulonguet, collectionneuse ; Marisol Rodriguez, écrivaine, éditrice et curatrice ; Colette Tornier, collectionneuse, a révélé lors de l’ouverture du salon, le nom du lauréat 2019.

Ils ont choisi de remettre le prix DDESSINPARIS 2019 à l’artiste Yoon Ji-Eun.

Yoon Ji-Eun est représentée à Paris par la Galerie Maria Lund qui participait cette année pour la première fois au salon. Le prix de DDESSINPARIS / Institut français de Saint-Louis du Sénégal permet à Yoon Li-Eun de bénéficier d’une résidence et d’une exposition à l’Institut Saint-Louis du Sénégal. Son travail sera par ailleurs mis à l’honneur lors de la prochaine édition de DDESSINPARIS. Jeune artiste coréenne vivant à Paris depuis 2007, Yoon Ji-Eun y est représentée par la Galerie Maria Lund. Après une licence d’arts plastiques (section gravure) à l’université de Séoul, Yoon Ji-Eun complète sa formation à l’ENSBA (Paris) auprès de Jean-Michel Alberola. La dessinatrice expose régulièrement en France et à l’international.

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“Simultanéités de temps, de cadre et d’action trouvent leur expression dans l’œuvre de Yoon Ji-Eun. L’artiste cherche à transposer visuellement la densité d’une réalité élargie.

Dernièrement la sculpture grecque antique – amazones, néréides, lions, chevaux (Halicarnasse, Xanthos, Epidaure) – ont investi les œuvres de Yoon Ji-Eun qui décrit comment elle a été frappée par leur vivacité par-delà les siècles et malgré leur forme altérée. Un temps dynamique s’y matérialise.

En intégrant un dessin minutieux de ces sculptures avec leur drapés, transparences, muscles et membres en tension l’artiste établit non seulement un dialogue avec un temps passé, ses mythologies et son humanité, mais elle les actualise en les intégrant dans le temps de ses œuvres. Les drapés communiquent avec les plis de la roche, les sculptures respirent sous la surface et les portiques ouverts ici présents sont placés dans l’instant du regard tout en ouvrant vers les strates d’autres temps, d’autres registres.

Quand Yoon Ji-Eun fait le choix du bois comme support pour nombre de ses dessins ce n’est pas anodin. Les cercles des cernes de croissance sont la matérialisation de l’écoulement du temps. Des formes fluides et l’entrevision du bois laissé apparent expriment un temps organique alors que des matières cadrées et entrecoupées par des éléments géométriques – fragments d’architectures, plans aux lignes droites – marquent des arrêts dans ce temps. Des arrêts créés par l’Homme. Et même quand son médium est le papier, elle y crée souvent l’illusion du bois afin d’y apporter sa temporalité et sa texture.

Si certaines œuvres sont entièrement en noir et blanc, dessinées à la mine de plomb, la plupart présente une palette large où interpellent des couleurs vives rappelant les filtres de couleur qui servent en photo à présenter une vision, une réalité autre. Portant une attention particulière à la matière, à cette dimension tangible de l’existence, les œuvres de Yoon Ji-Eun sont telles une scénographie du temps et de la vie qui s’y déroule.”

Maria Lund